09/07/2013

07/07: IRONMAN EUROPEAN CHAMPIONSHIP - 2ème partie

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Nous sommes au km 80. Suite à ce temps perdu, j'ai le couteau entre les dents ! Tous ces mecs qui sont passés, ça m'énerve. Je me dis que j'ai perdu environ 5' qui me sépareraient d'une natation très moyenne. C'est dommage, mais cela me donne aussi de la motivation en plus. Je repars en poussant bien, les puls montent directement un peu trop haut, mais rapidement je me rends compte que je ne vais pas réussir à revenir sur tout le monde tout de suite. Il reste 100km + un marathon, cool Raoul. Je reprends tout de même quelques coureurs puis ça se calme. Je reste prudent dans les parties où le revêtement est moins bon, et il semble que le cintre tient bon cette fois. Par contre, je vais un peu perdre le fil de mes ravitaillements, et me sentir petit à petit un peu moins bien. Rien à voir avec Roth ni avec certaines sorties longues pendant l'entraînement, mais la baisse de régime est là. Je tente de bien soigner l'hydratation (on approche de midi et ça commence à chauffer), mais leur ISO drink Powerbar goût citron commence à me dégouter, en plus il est un peu trop chaud. Trop frais ce n'est pas bon non plus, on n'est jamais contents ... Incertain. Les km défilent, dans la longue bosse de Hühnnerberg, je déraille en passant le petit plateau. Ca commence à bien faire ! Pas moyen de remettre la chaîne en jouant avec la manette, je saute du vélo, heureusement, je parviens à ré-engager la chaîne assez vite, et je peux remonter sans trop avoir perdu de temps cette fois (20-30"). Je ne connais pas de gros creu, mais le rythme a clairement baissé depuis le premier tour, et je commence à me faire un peu dépasser sur la fin. Après la dernière difficulté, je relance la machine pour les derniers km à vive allure, et boucle le parcours vélo en 5h07 (objectif 5h, mais je sais ou sont passé les quelques minutes en trop...). N'empêche que je suis -comme souvent- bien content de pouvoir "changer d'air".

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Je prends un peu de temps à la transition pour soufler un peu et être certain de bien mettre mes chaussettes et mes chaussures (le moindre pli peut se transformer en calvaire sur 42 km!). Puis c'est parti. Là aussi, les sensations sont bonnes. Je pars sans regarder la montre pour ressentir le rythme que je pense pouvoir tenir. Après quelques kilomètres, je prends un LAP, je suis à 13,4 km/h et les puls sont à 144. J'ai encore un peu de marge, mais je décide de rester là-dessus, je suis sur les bases de 3h10. Je vise 3h20, et je me suis donné 5' de marge, mais je l'ai déja gaspillée à vélo En pleurs. J'avais calculé qu'avec les 5' de Transition, cela faisait 9h30, donc dans les temps pour le slot. J'espérais par contre avoir des infos sur les classements de catégorie pendant la course, mais rien n'est disponible sur le site internet. Les encouragements font plaisir (Stéphanie -la femme de François Clément-, Youri Lallemand, et bien sûr Michèle et les enfants), mais sans idée de classement, les idées négatives viennent perturber le bon déroulement de ma course. Je commence à ruminer sur le passé au lieu de ma faire mal pour continuer à pousser. Les puls chutent, la vitesse aussi: de 47' au premier tour, je passe à 50-51' au deuxième, et  ça ne s'améliore pas ensuite. Je passe petit à petit en mode "endurance-sécurité", à 12 km/h, 130 puls, sans me faire mal. Je cours en attendant l'arrivée et me fais dépasser (je pense, car il y a pas mal de monde maintenant et avec les ralentissements/démarrages des ravitos, difficile à dire). Je perds en lucidité et par moments, je commence à voir des étoiles, signe que je manque de sucre. Je prends un gel, et marche à un ravito sur deux pour bien m'hydrater. Je prends aussi des TUC pour faire passer le dégout du sucré qui me gagne tout doucement. Il fait super chaud, tout le monde est dans le dur, et on s'asperge abondamment. Fin du troisième tour, début du dernier. Michèle me dis que je suis à 1' du slot. DSC_0041.jpgJulian court à côté de moi et me dis que je sui sur les bases de 9h34 et que le dernier slot est à 9h35. Je ne sais pas si c'est correct ou non, mais ça me booste alors que je croyais m'enfoncer dans les profondeurs du classement. Du coup je relance la machine. La vitesse remonte un peu, je retrouve des sensations et l'envie de "faire la course". Je passe au moins 15 gars qui sont dans le même tour que moi, même si certains sont partis 15' après moi, mais ça motive encore. Je termine bien, sur le tapis avec cette superbe arrivée, et je me sens encore assez frais finalement, après ce marathon bouclé en 3h25 (j'avais bel et bien besoin de ces 5' de marge !). Je suis bien mieux qu'à Roth l'an dernier, et j'ai beaucoup moins mal aux jambes. Je suis accompagné par une hôtesse en zone Athlètes et je vois François Clément, allongé sur une civière. Il a terminé vraiment dans le dur, avec un marathon bouclé en 3h30, et un chrono final de 9h18. Je plonge dans une bassine de 300l d'eau glacée, cela fait un bien fou. Je me ravitaille ensuite, puis après un petit somme, je vais chercher mon certificat, espérant que 15' soient passées pour avoir mon classement réel (par rapport à ceux de l'autre vague de départ). Je suis 21ème. Il y a 18 slots dans ma catégorie. Petite déception, mais je sais ou j'ai perdu du temps!!! Je ne peux m'en vouloir qu'à moi-même. Par contre, le roll-down est possible sur un si large groupe, sait-on jamais. Après avoir rejoins ma famille, la déception me gagne tout de même un peu plus. Un sentiment mitigé car j'améliore mon chrono de 17' par rapport à Roth 2012, et de 1h30 par rapport à Francfort 2010 !!! Mais j'espérais ce slot, le 9h30 était à ma portée... 

 

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Après-course

En rentrant à l'hôtel, nous tombons sur Phil Saussu et Luc Hennus, deux autres luxembourgeois présents. On rediscute un peu de leur course, cela me permet de penser à autre chose.

Finalement, nous décidons avec Michèle de  rester une nuit de plus pour bien se reposer et éviter la fatigue supplémentaire du voyage (la journée a été dure avec le soleil et la chaleur, et aussi stressante -si pas plus- que pour moi). Dans le pire des cas, j'irai juste à la cérémonie de cloture "pour voir" et j'essayerai d'obtenir mon ticket au 70.3 de Wiesbaden, qui était le plan B. Dans le meilleur des cas, il y aura du roll-down (en plusil y aurait finalement 19 slots dans ma catégorie). Après un bon resto (Sushi bar), nous rentrons nous coucher.

Le lendemain, rendez-vous à la cérémonie de cloture. Je rencontre François, bien remis, et venu chercher son slot. Pour lui c'est fait, il est 12ème sur 14 slots. Pour moi, je suis finalement 20ème (bonne nouvelle), mais il n'y a que 18 slots comme prévu initialement (...). Après la remise des prix des PROs, où nous avons le plaisir d'applaudir Axel pour sa superbe 4ème place (avec pas moins de 2 champions du monde derrière lui dans le TOP10), place à la distribution des slots. Le stress monte d'un cran. Dès les premiers groupes d'âge, je me rends compte que le "taux d'abstention" n'est pas si élevé ... 1 ou 2 à la limite pour les groupes les plus grands. Vient ensuite mon tour. Là je stresse pour la première fois. Les noms défilent, ils sont tous là. Premier absent. Nouvelle longue liste, on approche ... deuxième absent ! C'est dans la poche, je vais à Kona !!! Mike Reily anonce mon nom au micro, c'est la délivrance. Quelle joie ! Mon troisième Ironman, première réelle tentative, et je décroche le Saint Graal Sourire. C'est vraiment le pied. En plus, avec Axel (qui fait un bond en 16ème position au Kona Pro Ranking et assure donc sa participation), et François, nous serons 3 luxembourgeois à Hawaï en octobre: du jamais vu ! Et qui sait si un autre BATIFER décrochait lui aussi son ticket le 11 août à Wiesbaden ... ?

 

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Maintenant place aux vacances bein méritées. Je n'irai sans doute pas à Wiesbaden, car je veux me concentrer sur le nouvel objectif n°1 de 2013: LES CHAMPIONNATS DU MONDE D'IRONMAN A KONA !!!

18:14 Écrit par M3 TEAM dans 5. Multisports | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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