09/07/2013

07/07: IRONMAN EUROPEAN CHAMPIONSHIP - 1ère partie

logo.jpgDimanche, la première moitié de la saison 2013 se terminait pour Yannick, avec l'objectif n°1: l'Ironman de Francfort, théâtre des Championnats d'Europe et distributeur de slots pour la qualification aux Championnats d'octobre qui se dérouleront à Kona en octobre. C'était "seulement" le troisième Ironman pour Yannick, et sa première tentative pour décrocher le précieux sésame... Voici son résumé en deux parties:

 

 

Avant-course

Comment parler d'une course telle que celle-là comme s'il ne s'agissait "que" d'une course. Evidemment, le cheminement est long pour arriver au top le jour J, et cette année, l'hiver sans fin, le printemps pourri et l'été jusqu'ici inextistant n'ont pas aidé les triathlètes amateurs. Pour autant, la préparation s'est déroulée sans accroc pour moi. Un volume d'entrainement en très légère hausse, mais sans doute mieux calibré grâce à la préparation aux oignons de Christophe Bastie; un travail complémentaire d'assouplissements aux moments clés (merci Gillou/P2max Clin d'œil), pas la moindre blessure, bref tous les indicateurs sont au vert au moment d'entamer les derniers jours d'avant-course. Nous partons en famille pour Francfort samedi matin, avec une seule nuit d'hôtel de réservée, ce qui implique un retour dimanche soir, et donc pas de cérémonie de remise des prix ni ... des slots pour Kona. Je ne veux pas être superstitieux, mais je ne veux pas non plus partir assuré de cette qualification, car je sais que tant de choses peuvent arriver...

La veille est donc consacrée au voyage, aux derniers petits tests physiques (pour une fois les sensations sont plutôt bonnes) et mécaniques (montage du vélo), au dépot du vélo et des sacs au lac puis à la reconnaissance du parcours vélo en voiture, avec une petite halte en soirée à Friedberg chez une italo-allemande bien sympatique pour un plat de pâtes en terrasse. Bonne idée, nous sommes au calme, en famille et pas un triathlète à 10 km à la ronde Cool. Pas de stress, je suis assez relax, j'ai vraiment hâte d'y être.


Parcours

La natation se fait à Langener Waldsee, un lac situé à 12 km au sud de Francfort. Le parcours est en deux boucles avec sortie à l'australienne à mi-parcours. Je pars à 6h 45 avec 300 autres triathlètes amateurs et la centaine de pros. Cela me permettra -j'espère- de nager tranquille. Pour la vague suivante, composée des 2500 autres partants, le départ sera donné à 7h00.

frankfurt_swim_2012.jpg

Ensuite, le parcours vélo nous emmène d'abord en plein centre de Francfort via une liaison assez rapide, puis effectue 2 boucles dans la campagne et les villages avoisinants avec quelques "points chauds" où les spectateurs sont très nombreux, tels que "Heartbreak Hill" ou encore "The Hell". Ce n'est pas Roth, mais frissons garantis tout de même !

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Pour cloturer cette belle journée, nous terminerons pas 4 belles boucles assez plates le long du Main. J'ai beau chercher, je ne me rappelle plus d'un seul endroit sans spectateurs... incroyable !

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La course

Après une nuit horrible(ment courte: 3h de sommeil !), il est temps de se lever. Gatosport dans la navette qui m'emmène au plan d'eau, en compagnie de dizaines d'autres athlètes. Ca ne cause pas beaucoup, je trouve Rigolant.

Les préparatifs vont bon train, le timing est impeccable, pas trop d'attente "pour rien", ni de rush de dernière minute. Je n'ai par contre pas le temps d'aller dans le parc saluer les personnes que je connais. J'ai le dossard 270 et je suis donc dans la même ligne droite que les Pros (première rangée), avec un gros arbre à 1m de mon vélo . Au moins il sera facile à trouver parmi les centaines d'autres autres.

Ponton.jpg

Je me place à l'extérieur, comme d'hab, cette fois tout à droite. Tant pis pour l'aspiration, je préfère assurer. La ligne de départ étant très large, la trajectoire la plus courte pour moi n'est pas celle des bouées, et je dois donc viser la toute dernière bouée "qui fait le coin" avant le retour vers la plage. Mes nouvelles lunettes sont parfaitement transparentes (pas comme à Cambrai), et comme la plupart des nageurs près de moi au départ "tire à gauche" pour rejoindre le pack, je suis assez à l'aise durant ces premières centaines de mètres. Au regroupement, j'ai l'impression d'avoir nagé assez droit et je suis dans un pack plus petit. Le retour vers la plage se passe bien, la sortie à l'australienne également, puis je pars pour la deuxième boucle avec encore pas mal de jus. Je pourrais nager plus vite, mais ce rythme me semble bon pour ne pas trop brûler de calories maintenant. Même scénario pour la deuxième boucle, si ce n'est que le retour avec soleil de face est un peu plus délicat à gérer, mais je sors de l'eau en 59'18", mon premier objectif de la journée est atteint: sub 1 pour la nat Cool.

bike 1.jpgTransition rapide (même sur Ironman: tout doit être sur le vélo!) puis c'est parti. Comme espéré, les puls sont bien. Juste 5 points en haut de la moyenne prévue sur les 180km, le temps que l'organisme s'adapte. Le retour vers Francfort se fait à 36.5 de moyenne, léger vent de face. Comme ma vague de départ était relativement petite, il n'y a pas grand monde à dépasser, mais je m'y attendais. Il y a 100 pros partis en même temps que moi (avec quelques mètres d'avance), et je pointe 164ème au centre ville. Par la suite, je vais me retrouver avec 3-4 coureurs, amateurs ou Pro féminines dont j'ai le même rythme. Ca roule propre, et les puls sont bien stables. Après 30km, nous traversons Holdschadt et son secteur pavés (style Paris-Roubaix). Et là, ma course bascule: dès l'arrivée sur les pavés, mon cintre plonge vers la roue avant, et moi avec. Je tire un coup desssus pour le replacer, mais dès que je cherche à m'y appuyer, il s'enfonce, et je pique du nez. La majeure partie du secteur est en montée, j'y vais donc molo en soulageant l'avant, et au dessus de la côte, je replace à nouveau le cintre. Ca "craque" un bon coup mais je sens que le serrage n'est plus suffisant. Je continue cependant. La section plate et avec un bon revêtement me permet de rouler correctement. Je n'ai rien pour resserrer, et je vais donc commencer à chercher après une tente d'assistance, mais je n'en vois pas. Je peux encore rouler sur le plat, en tirant le cintre vers le haut, mais dans les traversées de villages avec petits trous, freinages, relances, c'est un calvaire, et je commence à me faire dépasser sans arrêt.

 

 


bike 2.jpgCe calvaire va durer près de 50km. J'ai peur que ce soit le pas de vis qui a sauté et que je ne puisse pas réparer. En même temps je me dis que je peux continuer à rouler, donc je risque de perdre plus de temps en m'arrêtant. Des paquets de coureurs commencent à me doubler. Le cintre se désserre de plus en plus. Dans les longues descentes rapides, je dois descendre le buste relevé, à 30-40 km/h au lieu d'être en position aéro à plus de 70-80 km/h, et ça continue à me dépasser. J'ai la rage ! Sur le vélo, sur moi, sur cette guigne. Je sens qu'aujourd'hui je suis bien et je me dis que je vais peut-être tout gâcher à cause de ... ça. Finalement, la situation devient intenable, le cintre pend tout seul si je ne le soutiens pas. J'ai deux options: l'abandon ou la réparation, mais continuer serait suicidaire, ça va lâcher. Sur un long plat où je perds à nouveau énormément de temps, je vois une camionnette de l'organisation derrière moi. Je leur fais des signes en ralentissant. Pas certain qu'il s'agisse de l'assistance mécanique, mais il n'y a qu'eux. Il y a aussi des spectateurs et un cyclotouriste un peu plus loin. Je m'arrête et fais des signes aux gens. Un spectateur arrive, mais il ne peut pas m'aider. Il retourne près du cycliste, lui parle. Ca dure des heures. Les gars de la camionnette sont en train de faire un whist ou des gaufres. Des trains de marchandises remplis de triathlètes passent. J'ai la rage (je ne sais plus si je l'ai déja dit?). Finalement, le cyclotouriste fait malencontreusement tomber un truc à terre Innocent. A moins que ce truc ait été là avant? En tous cas, je trouve un multi-outil à terre, je le prends, et je parviens à resserrer le cintre (dans une position assez relevée, mais j'ai trop peur de tomber s'il se désserre de nouveau). Ca semble tenir. Croisons les doigts, serrons les fesses. Je repars...

09:59 Écrit par M3 TEAM dans 5. Multisports | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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